Burkina Faso/Samendeni : L’AGRODIA et ses partenaires au cœur de l’innovation agricole pour la souveraineté alimentaire
L’Association des grossistes et détaillants d’intrants agricoles du Burkina Faso (AGRODIA) a organisé, le jeudi 17 septembre 2026 à Samendeni, une visite commentée au Centre de transfert de technologies agricoles (CTTA). Cette initiative, menée en collaboration avec le programme Soil Values et la Société d’exploitation des phosphates du Burkina (SEPB), visait à faire la promotion des bonnes pratiques agricoles, des semences à haut rendement et des formules d’engrais spécifiques pour renforcer la résilience des producteurs.
Le Burkina Faso, à l’instar des autres États du Sahel, est confronté à de nombreux défis liés d’une part aux effets des changements climatiques (sécheresses récurrentes, désertification progressive, etc.) et d’autre part au faible niveau technique des producteurs qui peinent à adopter les pratiques agricoles adaptées et résilientes. Ces facteurs induisent un impact négatif sur la fertilité des sols et limitent donc la productivité agricole et les moyens de subsistance, notamment des petits producteurs.
Ainsi, dans le cadre de la mise en œuvre de ses activités pour l’année 2026, le programme Soil Values a entrepris un partenariat avec AGRODIA pour la mise en place de parcelles vitrines sur trois sites de CTTA (Centre de transfert de technologies agricoles) à Samendeni, Boromo et Yako au cours de la présente campagne humide 2026-2027. Le but de ces vitrines est de promouvoir et susciter l’adoption des pratiques agricoles durables, d’améliorer les connaissances et l’adoption des intrants agricoles performants et adaptés (semences et engrais) afin de contribuer à gérer durablement les sols tout en améliorant les productions agricoles et la résilience des petits producteurs des trois bassins versants que sont les bassins versants du Kou, du Mouhoun inférieur et du Nakambé.
C’est sur des parcelles de démonstration verdoyantes et prometteuses qu’AGRODIA et ses partenaires techniques et institutionnels se sont réunis ce jeudi matin à Samendeni, dans le district hydro-agricole de la province du Houet. L’objectif de cette journée d’immersion était de vulgariser les technologies agricoles innovantes auprès des producteurs afin d’accroître durablement les rendements et de contribuer à l’autosuffisance alimentaire nationale.
Une synergie d’actions pour la gestion durable des sols
Pour Adama Ouédraogo, président de l’Association des grossistes et détaillants d’intrants agricoles (AGRODIA), cette visite s’inscrit dans un cadre partenarial stratégique réunissant divers acteurs de la chaîne de valeur agricole. « Cette visite ce matin s’est faite en collaboration avec notre partenaire Soil Values, un programme qui intervient dans la gestion durable des sols, et la SEPB, la Société d’exploitation des phosphates du Burkina », a-t-il expliqué.
L’enjeu majeur réside dans la vulgarisation d’intrants adaptés et de techniques respectueuses de l’environnement. « Nous avons initié cette visite commentée pour permettre la promotion des bonnes pratiques agricoles, notamment l’utilisation de semences performantes et d’engrais spécifiques, particulièrement pour le maïs. Il s’agit également de promouvoir la fertilisation organo-minérale pour une gestion durable de nos terres », a souligné le président d’AGRODIA. Observant l’état de développement des parcelles de démonstration, il s’est réjoui du travail accompli. « Au regard de la physionomie des champs, notre objectif est bien atteint. La combinaison des différentes pratiques montre que si les producteurs réussissent à imiter ces techniques chez eux, les rendements et la productivité seront nettement plus élevés », a-t-il indiqué. Il a rappelé que cette dynamique s’aligne directement sur les directives des plus hautes autorités du pays en matière de sécurité et de souveraineté alimentaire.
L’expertise technique au service des producteurs
Guidés par Alidou Ouédraogo, technicien supérieur d’agriculture au sein d’AGRODIA, les visiteurs ont pu découvrir en détail la diversité des cultures expérimentées au centre. Face aux défis posés par les changements climatiques et la baisse de la fertilité des sols, le choix des intrants et des variétés s’avère déterminant. « Dans ce contexte de variabilité climatique où les pluies se font rares et les terres s’appauvrissent, il est impératif d’adopter de nouvelles pratiques », a recommandé le technicien, et de préciser : « Nous avons mis en place un total de dix variétés hybrides de maïs à haut potentiel de rendement, quatre variétés de niébé, deux variétés de sorgho et une variété de petit millet. »
L’accent a particulièrement été mis sur la complémentarité entre la matière organique et les fertilisants minéraux. « Les terres devenant pauvres, il faut nourrir le sol avec de la fumure organique combinée à l’engrais spécifique pour le maïs développé avec la SEPB. Cela permet de restaurer la fertilité à long terme », a précisé Alidou Ouédraogo. Il a par ailleurs tenu à rassurer les agriculteurs sur la faisabilité de ces démarches : « Ce ne sont pas des techniques de sorcier. C’est accessible à tous nos producteurs. Chacun, en fonction de ses moyens, peut adapter ces bonnes pratiques d’entretien et d’utilisation des intrants sur ses propres surfaces ».
L’appui institutionnel et les perspectives de rendement
Représentant l’État lors de ce rassemblement, le directeur provincial en charge de l’agriculture de la province du Houet, Mamadou Traoré, a salué la qualité des travaux observés sur le site. Il a insisté sur l’efficacité des solutions locales testées au cours de la campagne. « La physionomie des champs ce matin est très satisfaisante », a-t-il déclaré.
« L’engrais spécifique maïs fabriqué par la SEPB prouve son efficacité. Ce que nous constatons, c’est qu’avec des doses inférieures aux formulations habituellement utilisées par les agriculteurs, les résultats sur ces parcelles sont remarquables. C’est une alternative très rentable ». Abordant le volet des semences, le directeur provincial a rappelé l’importance d’adopter des variétés certifiées pour franchir un cap de production. « La politique gouvernementale actuelle promeut activement les variétés à haut rendement. Ici, nous voyons des potentiels allant de 6,5 tonnes jusqu’à plus de 12 tonnes par hectare. Avec l’accompagnement combiné de la recherche, de la SEPB et des distributeurs comme AGRODIA, nous avons la certitude que l’adoption de ces technologies par le plus grand nombre permettra au Burkina Faso d’atteindre sa souveraineté alimentaire ».
À l’issue de cette journée de visite et d’échanges, l’ensemble des acteurs s’est accordé sur la nécessité de démultiplier ces parcelles vitrines à travers la région afin que chaque producteur puisse toucher du doigt les réalités d’une agriculture moderne, durable et performante.
Source: lefaso.net/


